Ursula von der Leyen défie le « chantage » russe sur le gaz et prône l’unité de l’UE
L’UE a prévenu la Russie qu’elle ne céderait pas au « chantage » exercé en raison de son soutien à Kiev, après l'interruption par le Kremlin de l’approvisionnement en gaz de la Bulgarie et de la Pologne.
L’Union européenne a prévenu la Russie qu’elle ne céderait pas au « chantage » exercé en raison de son soutien à Kiev, après que le Kremlin a interrompu l’approvisionnement en gaz de la Bulgarie et de la Pologne. Les deux pays sont désormais approvisionnés par leurs voisins de l’UE.
La société russe Gazprom a coupé le gaz à la Pologne et à la Bulgarie mercredi en raison de leur refus de payer en roubles, et a menacé de faire de même pour d’autres pays, renforçant ainsi les représailles à la suite des sanctions occidentales imposées pour l’invasion de l’Ukraine par Moscou.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré que la Pologne et la Bulgarie recevaient désormais du gaz de leurs voisins européens.
Elle a qualifié l’annonce de Gazprom, le géant public russe de l’énergie, de « nouvelle provocation du Kremlin ».
« Il n’est pas surprenant que le Kremlin utilise les combustibles fossiles pour tenter de nous faire chanter…. Notre réponse sera immédiate, unie et coordonnée. »
« La Pologne et la Bulgarie reçoivent désormais du gaz de leurs voisins de l’UE », a-t-elle ajouté. « L’ère des combustibles fossiles russes en Europe va prendre fin. »
It comes as no surprise that the Kremlin uses fossil fuels to blackmail us.
This is something the @EU_Commission has been preparing for, with Member States and international partners.
Our response will be immediate, united and coordinated.
— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) April 27, 2022
Une réunion d’urgence
Les responsables de l’UE ont déclaré que les ministres de l’Énergie de l’ensemble du bloc se réuniront en session extraordinaire lundi prochain pour discuter de la situation.
Les puissances européennes ont imposé des sanctions importantes à la Russie depuis que Vladimir Poutine a décidé d’envahir son voisin, tout en envoyant des armes aux forces qui défendent l’Ukraine.
Cependant, les sanctions contre les exportations de Moscou ont tardé à venir, puisque de nombreux États membres de l’UE, et notamment la grande nation industrielle qu’est l’Allemagne, dépendent de l’énergie russe pour s’éclairer.
Les prix du gaz ont grimpé en flèche, car on craint que d’autres pays ne soient touchés, notamment l’Allemagne, première économie européenne, qui a acheté l’an dernier plus de la moitié de son gaz auprès de la Russie.
Le président russe a tenté de faire monter la pression en insistant sur le fait que Moscou n’accepterait que les paiements en roubles pour le gaz, dans l’espoir de forcer ses adversaires à renforcer sa monnaie.
Mais Mme von der Leyen a déclaré qu’« environ 97 % » de tous les contrats de l’UE stipulent explicitement que les paiements doivent être effectués en euros ou en dollars et a mis en garde les entreprises importatrices contre tout paiement en roubles.
« Cela constituerait une violation des sanctions », a-t-elle indiqué aux journalistes.
La Commission européenne a accusé Moscou de faire du chantage, mais a publié la semaine dernière un document consultatif à l’intention des États membres de l’UE dans lequel sont présentées des options qui pourraient permettre aux acheteurs européens de continuer à payer le gaz russe sans pour autant enfreindre les sanctions. Uniper, le principal importateur allemand, a déclaré qu’il pourrait continuer à payer sans enfreindre les sanctions.
Lors d’une réunion mercredi, les ambassadeurs des États membres ont demandé à la Commission des instructions plus claires, ont rapporté quatre diplomates européens.
Paiements en roubles
La réunion d’urgence des ministres de l’Énergie de lundi tentera également de clarifier combien de pays ont déjà commencé à payer en roubles, après que l’agence de presse Bloomberg a rapporté que quatre acheteurs européens avaient déjà ouvert des comptes à la Gazprombank pour répondre aux demandes de paiement de M. Poutine.
« Il semble de plus en plus que les États membres de l’UE ne se soient pas coordonnés pour répondre aux demandes de paiement en roubles de la Russie », a déclaré Georg Zachmann, analyste chez Bruegel, un groupe de réflexion économique basé à Bruxelles.
Son collègue Simone Tagliaietra a prévenu que la demande russe de paiement du gaz en roubles visait à semer la discorde au sein de l’Union. « C’est une stratégie classique consistant à diviser pour mieux régner », a-t-il écrit. « Assurer la solidarité entre les États membres de l’UE sera désormais fondamental, d’autant plus que le continent devra reconstituer ses stocks de gaz éventuellement sans le gaz russe », a-t-il également écrit sur Twitter.
Dans le même temps, la Pologne et la Bulgarie reçoivent désormais du gaz de leurs voisins de l’UE après que le géant public russe de l’énergie Gazprom a décidé de fermer les robinets, a déclaré Mme von der Leyen.
« Nous veillerons à ce que la décision de Gazprom ait le moins d’impact possible sur les consommateurs européens », a indiqué la présidente de la Commission.
« Aujourd’hui, le Kremlin a échoué une fois de plus dans sa tentative de semer la division entre les États membres. L’ère des combustibles fossiles russes en Europe touche à sa fin. »